Ces moments-là . . . ( à la Brassens )

Le sentiment le plus étrange, selon moi,
est de savoir
qu’une dame, un soir, vous accorde ses faveurs
et vous accueille dans son lit,
en sachant que vous n’ êtes pas le premier
et que vous ne serez pas le dernier,
et que, malgré cela,
les moments qu’elle partage avec vous …
sont uniques.

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NOUS

Nous sommes nos souvenirs.

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Je ne vais …

Je ne vais plus aux enterrements des autres.
J’attends d’être présent pour le mien,
c’est déjà pas si mal.

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Au fond …

Au fond, ce qu’il y a de plus beau sur terre,
ce sont les nuages …

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En fait …

En fait …
Je suis un humoriste itinérant, je fais l’humour avec le tout-venant.
Je suis tellement heureux de côtoyer d’autres humains, que j’utilise les mots comme pour leur tendre la main.
Jamais je ne prépare mes réparties , c’est juste un ressenti inopiné, impromptu, qui m’inspire quelques bons mots, des mots mobiles de sens.
Certaines personnes sont ébahies en m’entendant leur dire une phrase étonnante, qui me vient ainsi, juste pour les faire sourire.
Je dois sans doute avoir en moi l’esprit sain qui fait que je transforme les ennuis en bien. En tout cas en mieux que la vie qui nous malmène mais que moi, qui me démène avec mes méninges, essaie de rendre drôle quand ça ne va pas bien.
« La vie n’est pas toujours drôle,
c’est justement cela qui est drôle  »
Cela figure dans mon livre « Ne tirez pas sur le … Phil » Editions du Souverain, Bruxelles, 1991, avec des dessins de mon ami SERDU .
C’est cela ma manière d’être humoriste itinérant,
au jour le jour, pour magnifier
« Le jour qui s’appelle aujourd’hui » ( Félix Leclerc )

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Mauvaise humeur

Billet d’ humeur
Je me rends dans un magasin bio à Ottignies, pas loin de la gare pour acheter un bocal de pâté de légumes ( environ 5 euros ) .
Avant moi, une dame très chic, bien maquillée, bien habillée et soucieuse de veiller à sa santé. Son caddy est plein de produits de toutes sortes, elle en a pour 225 euros.
Elle part ranger tout cela dans le coffre de sa BMW.
Le temps que je paie mon petit pot, elle est prête à partir, quand un drôle de type, mal habillé, un peu bizarre, qui a l’air de ne pas avoir toute sa tête, l’accoste et lui demande un peu d’ argent. Refus catégorique :
– je ne vous donnerai pas un cent.
Je fais semblant de ne pas avoir entendu,
et je me hâte vers ma voiture.
Mais le gars s’empresse de venir vers moi et me dit :
– Je viens de trouver un logement social à Charleroi, j’ai absolument besoin de 6 euros 90 pour payer mon billet de train !
Ici, à Louvain-la-Neuve, c’est un subterfuge souvent utilisé par des clochards pour quand même obtenir des sous, en prétextant qu’il leur manque 3 ou 4 ou 5 euros pour leur billet de train.
Mais ici, je suis à Ottignies, pas loin de la gare ( avec une ligne directe vers Charleroi ) il a vraiment l’air désespéré … alors,
je cède à sa requête, j’ai justement 5 euros dans ma poche de chemise et 2 euros dans la poche gauche de ma veste de pêcheur ( la tenue vestimentaire habituelle des retraités en balade. )
Il me répond :
– Vous me sauvez la vie !
Et il s’encourt à toutes jambes vers la gare …
Ce coup-là, je me suis dit que j’avais bien fait de faire confiance.
Après coup, je me suis dit que j’aurais même pu donner plus.

Il y a 4 choses sur qui m’ insupportent, me dégoûtent, me posent vraiment problème, me donnent l’envie de me battre encore et toujours, malgré tout, en voyant ce qui se passe sur terre, en travaillant de toutes les manières qui me sont propres, à mon niveau, là où je suis avec ceux que je côtoie :
l’ hypocrisie, la souffrance humaine, la pauvreté et les conflits meurtriers, causés par les armes et certains politiques, aveuglés par leur ambition et leur quête de pouvoir .

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EN ROUE LIBRE

EN ROUE LIBRE …
Elle pédale en roue libre. Elle est comme sur un vélo  » torpédo « . On n’avait pas de frein sur le guidon. Juste une sonnette.
Pour freiner, on faisait  » torpédo « , on pédalait en marche arrière, et c’est comme ça qu’on freinait.
Le problème, c’est quand la chaîne se cassait, ou se défaisait.
On n’avait plus aucun moyen de freiner.
Elle, c’est un peu pareil. Elle ne peut plus freiner. La chaîne qui la reliait au pignon de ses contacts humains s’est cassée.
Elle a beau avoir un guidon, une sonnette, pour prévenir qu’elle ne sait plus s’arrêter, elle est en roue libre.
Libre de rouler librement, sans savoir où elle va aller, car tout dépend du dénivelé du chemin où, désormais, inexorablement, chaque jour elle descend. En roue libre.
Pas besoin de la héler, pour lui dire :  » Arrête-toi qu’on discute un peu ! « 
Non, elle ne sait plus vraiment  » discuter un peu « . Car elle ne retient plus bien ce que vous pourriez lui raconter.
Sur le moment, oui, elle semble vous comprendre.
Mais dès qu’elle poursuit son chemin, en pente douce, les idées se sont envolées dans son sillage, peut-être captées par des papillons prévenants, qui virevoltent près d’elle, pour l’aider à s’équiper d’ailes secourables, lui permettant de ne pas tomber.
Plus bas.
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Je dédie ce texte à quelqu’un que je côtoie chaque jour,
et qui s’ émerveille chaque fois qu’elle voit un papillon…
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Ma trouvaille de ce soir …

Incognito

ergo sum

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Vu

Il y a pire que de passer inaperçu …

C’est de se faire voir.

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Qu’as-tu appris à l’école ?

En avril 1973, je n’avais pas terminé mes études de philologie germanique, ni fini mon mémoire, ni passé l’examen d’ agrégation pour pouvoir exercer dans l’ enseignement secondaire supérieur ( intitulé l’ AESS ) . Je fus pourtant convoqué par le directeur d’ un Collège pour signer mon contrat d’enseignant, prenant « cours » dès le 1er septembre suivant. Il y avait urgence pour lui de trouver un professeur de langues dans le cycle supérieur et le critère essentiel qui avait prévalu ( et je ne l’appris que bien plus tard ) c’est que ce directeur avait téléphoné au Curé de ma paroisse pour en savoir plus à mon sujet. Il lui avait répondu : Ah, Philippe, il lit à la messe le dimanche et il est dirigeant de Patro !

Et ce furent ces raisons qui décidèrent de mon engagement prématuré.

En ce temps-là, on faisait 120 heures de stages pour obtenir son brevet de dirigeant, et 20 heures de stages pratiques pour devenir licencié-agrégé… ad vitam .

Cela rejoint la réflexion de ce Principal d’un autre Collège, lassé de voir de jeunes diplômés ne sachant s’imposer face à leurs élèves : J’en suis arrivé à ne plus croire en leurs  certifications officielles  du moment qu’ils savent «  tenir leur classe ».

Pour arriver à se faire respecter, il existe des enseignant(e)s diplômé(e)s qui n’hésitent pas à utiliser des mesures d’un autoritarisme exagéré, infligeant des punitions pour le moindre faux-pas, notant les copies des devoirs et des interrogations en barrant les fautes au bic rouge, en grand, avec des remarques cinglantes dans la marge, et parfois de manière outrancière.

Il n’est pas facile, bien sûr, de gérer une classe d’ élèves turbulents, tout en ayant à leur enseigner le programme prévu pour cette branche-là cette année-là.

Mais quand les mauvais résultats dans le bulletin se multiplient,et que finalement, un constat d’échec est avéré, l’élève doit se soumettre, quand c’est encore d’usage, à un ou des «  examen(s) de passage » s’il veut réussir son année.

Durant ma carrière d’enseignant, j’ai toujours eu à coeur d’essayer, durant les vacances d’été, de venir en aide à ces élèves éclopés, démotivés, voire désespérés, ayant perdu toute confiance en eux. Il est facile de « buser » quelqu’un ( en utilisant un belgicisme étonnant ) mais, Bon Dieu, je vous le jure, comme il faut du temps et de la patience pour remettre en selle un(e) adolescent(e) qui n’ a que peu de temps pour réussir l’ examen de « passage ».

Il m’a fallu chaque fois, très vite, trouver les mots justes , pour leur redonner courage et confiance.

Je n’ai pu m’occuper que d’un(e) seul(e) élève, durant de longues semaines de « vacances » pendant 50 années, durant lesquelles j’avais choisi de les faire réussir. Et oui, à 50 reprises, je … réussis à leur faire réussir leur «  examen de passage » et du même coup, souvent, à leur permettre de pouvoir ainsi passer dans la classe supérieure.

Si je raconte tout cela, c’est juste pour dire que casser quelqu’un, c’est facile, quand on a le pouvoir, mais pour le «  requinquer » , le «  reconstruire » et lui redonner le goût de cette matière qu’il ou elle a eu en horreur durant 10 mois, cela demande beaucoup, beaucoup de temps.

Et qu’il faut se rappeler cette maxime fondatrice de toute méthode pédagogique «  Ce qui compte, ce n’est pas la matière, mais la manière ! » C’est évidemment plus faisable en cours particulier, j’en conviens, bien que cela devrait être aussi possible, même quand on a toute une classe à gérer.

La manière de s’imposer face à sa classe tient aussi au sens de la répartie, essentiel, quand on a affaire à de jeunes adolescents. J’en veux pour preuve cette anecdote, devenue célèbre, relative à un incident qui se déroula en 1ère candidature en Philo et Lettres, à l’ université, s’il vous plaît, lors du cours de philosophie d’une dame super-compétente , mais qui devait faire face à un auditoire de près de 500 étudiant(e)s . Elle avait pour mission de nous faire comprendre toutes les théories des philosophes depuis les Grecs jusqu’aux plus contemporains.

Dans le haut de l’ auditoire se trouvait un énergumène éméché, qui avait  fait «  la bringue » toute la nuit, et qui, par ailleurs, s’avéra être un véritable goujat, puisqu’à l’arrivée de la professeure, il se leva et hurla : – Flo-Flo, à poil !

Sans se départir de son calme, de son élégante manière d’être, elle empoigna le micro, et se tournant vers l’endroit d’où était venue cette infâme apostrophe, elle répliqua :

– Tout de suite, Monsieur, si vous en valiez la peine !

Un tonnerre d’ applaudissements s’ ensuivit, et le malotru s’éclipsa dare-dare par une porte située tout en haut de l’auditoire, sous les huées.

Les cours suivants, et jusqu’à la fin de l’année, nous fûmes plus assidus, plus attentifs aux explications de cette professeure , et oui, disons-le, nous prîmes goût à la philosophie, car elle nous avait conquis par cette brillante «  passe d’armes ».

Comme quoi, l’ âge importe peu, le fait d’enseigner demeure une entreprise assez « périlleuse » car elle met en présence une seule personne devant un « public » qu’il faut   épater  en quelque sorte, pour qu’on apprécie, grâce à «  sa manière » d’enseigner, «  la matière » à apprendre.

Je présume que toutes mes réflexions trouveront un écho dans le «  pacte d’excellence » où on explicitera comment enseigner aux enseignant(e)s … comment mieux enseigner.

Je souhaite, à ce propos, évoquer une rencontre avec Jean-Louis, rencontré il y a 3-4 ans, en rue, par hasard. Il est professeur à l’université, et il m’ apprit qu’il faisait partie du comité des experts chargés de mettre au point le «  Pacte d’ Excellence ». Il était plein d’enthousiasme et me déclara, tout bonnement :

– Tu verras, Philippe, avec ce «  Pacte » , en 2050, nous aurons le meilleur système éducatif au monde !

On ne sera peut-être plus là pour le constater, Jean-Louis, mais en attendant, quand je vois le système d’évaluation des professeurs qui vient d’être voté, je repense à cette rencontre lors d’une réunion de parents d’élèves.

Le professeur s’adressant au parent ( souvent la maman )

– Vous savez, il ne fiche rien en classe, il ne rend pas ses devoirs à temps et n’étudie pas ses leçons !

– Mais enfin, c’est de votre faute, je vous avais demandé de le faire travailler !

Quand mon petit frère revenait de l’école primaire, à la maison, après 4 heures, et qu’on lui demandait :

– Qu’as-tu appris à l’école aujourd’hui ?

Par lassitude, ne voulant donner aucun détail de sa journée, il répondait platement :

– N’importe quoi !

Parole prophétique, oserais-je le dire, car j’ai vraiment comme l’impression qu’on va faire du   « n’importe quoi »   en mettant en place certaines mesures qui sont jugées excellentes… sur le papier.

Les enseignants sont fatigués, fatigués, fatigués depuis longtemps, parce qu’ ils vivent souvent dans l’urgence, au jour le jour. J’ai souvent dit, avec le sourire, et donc, on ne me croyait pas : Pour être enseignant, il faut une condition physique exceptionnelle. Et aussi une forme de foi en la nature humaine. Il est temps de recruter ce genre de personnes, les meilleures qui soient. Je me rappelle avoir entendu Eric Domb, directeur-fondateur de Pairi Daiza, dire à la radio : «  Mais bon sang, ce sont les meilleurs étudiants, les plus compétents, les plus vaillants et les plus … excellents qui devraient être mis en place comme professeurs dans les écoles ! »

Oserais-je évoquer à ce propos un grand homme qui dut aussi réagir dans l’urgence ( car urgence il y avait ) Sir Winston Churchill ? Quand le 10 mai 1940 débute la deuxième guerre mondiale, Winston Churchill est nommé Premier Ministre, il n’a pas le temps de suivre un cours de « gestion de conflit »dans une école militaire. Il fait la guerre.

On a comme l’impression que certains « spécialistes » en train de concocter de nouveaux modes de fonctionnement dans l’enseignement sont comme des ‘planqués’ loin, bien loin derrière les lignes où se passent les interventions nécessaires à l’éducation des humains , planqués derrière leurs lignes de mots fumeux visant à trouver une adéquation hypothétique entre la théorie et la pratique.

Oserais-je aussi citer un extrait d’un très bel éditorial, paru dans la revue « Eduquer », ( 1 ) une publication de la Ligue de l’Enseignement et de l’ Education permanente : (…) « l’innovation ne se décrète pas ! Elle se construit sur le terrain par l’ensemble des acteurs de l’enseignement et pas par des ‘penseurs en chambre’ qui veulent tout régenter et normaliser, par des ministres qui veulent absolument laisser leurs marques et leurs noms. Les seuls qui laissent leurs noms, ce sont soit les grands pédagogues, soit les professeurs dans la mémoire de leurs élèves, qu’ils ont marquée de leur enthousiasme et de leur amour de leur métier . »

On est bien d’accord pour dire que l’ excellence doit toujours être de mise dès lors qu’on doit « élever » quelqu’un.

Mais il est surtout bon de se rappeler cette superbe maxime : « Il faut tout un village pour élever un enfant. »

Nous ne vivons plus tous dans des villages, mais les enfants qui ont ce bonheur, savent ce que cette expression peut signifier, sentent que leur existence est reliée à d’autres, prêts à les surveiller, guider, réprimander, féliciter, taquiner, selon les cas.

Il faut beaucoup de monde, de courage, d’énergie, de dévouement et de patience

pour «  élever » un(e) élève .

C’est comme un pacte tacite qui impacte tous nos rapports humains, présents et à venir.

Phil Detry humoriste belge,

et également ex-formateur en langues dans diverses institutions scolaires

et e.a . aux ACEC, chez Solvay, à l’ UCL et à l’EPFC

 

( 1 ) Edition n° 124 d’octobre 2016


NB «  Flo-Flo » était le surnom de la philosophe Ghislaine Florival, née en 1929, et toujours en vie d’ après ce que je sais 

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